De l'électrotechnique au DevOps

11 octobre 2026trajectoireformation

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On me demande souvent d’où je viens. Voici la version détaillée : étape par étape, ce que chaque période a apporté — et ce qu’elle a laissé en attente.

2005 — 2009 : BEP et Bac Pro Électrotechnique

Tout commence au LEP Martin-Bret, avec un BEP puis un Bac Pro Électrotechnique (Énergie, Équipements Communicants). Sur la même période, premiers certificats : Cisco CCNA 1 et 2.

C’est là que j’ai appris des choses qui tiennent encore : le courant, les protocoles, le geste exact. Des systèmes concrets qui fonctionnent ou pas, et qui ne pardonnent pas l’à-peu-près. Beaucoup voient l’informatique et l’électrotechnique comme des mondes séparés — en vrai, un datacenter est un objet électrotechnique avant d’être un objet logiciel.

2009 — 2011 : BTS MAI

BTS Mécanique et Automatisme Industriel au lycée Les Iscles. Deux ans de logique industrielle : capteurs, automates, séquences reproductibles.

Ce que j’en retire aujourd’hui, ce n’est pas le contenu technique — c’est l’idée qu’une séquence qu’on ne peut pas ré-exécuter à l’identique n’est pas une solution, c’est une chance. Ce réflexe, je le dépense maintenant chaque jour chez alfa-safety.

2011 — 2015 : INGESUP, du BTS au niveau 1

Changement de cap : je rentre à l’INGESUP d’Aix-en-Provence, pour préparer le titre Expert en Informatique et Systèmes d’Information — RNCP Niveau 1 (Bac+5).

La formation comptait trois stages, et ce sont eux qui ont construit le profil :

ING1 (2012) — Référent technique chez INGESUP même

Sept mois comme stagiaire référent technique : Active Directory, imprimantes réseau, partage de fichiers FTP, mise en place et paramétrage de switches Cisco Catalyst 3750G et 2960G, et un serveur Windows Server 2008.

Première exposition à une infra de bonne taille, à un serveur dont on n’est pas le seul à se servir.

ING2 (2012 — 2013) — Sudériane, Manosque

Onze mois comme stagiaire Technicien Systèmes et Réseaux. Le quotidien : support téléphonique, récupération de données (virus, disques défectueux), interventions à distance et sur site (mise en place, préventif, incidents). Et la préparation de postes, serveurs et équipements réseau — déploiement d’antivirus Symantec.

C’est le stage où j’ai appris le métier en contact réel : les gens au téléphone ne veulent pas savoir comment fonctionne le système, ils veulent qu’il remarche. Faire les deux — comprendre et rassurer — c’est le vrai métier.

ING3 (2013 — 2014) — Amesys, Aix-en-Provence

Onze mois comme stagiaire Administrateur Systèmes et Réseaux. Administration de postes et serveurs Debian, support d’un projet de développement logiciel (maquettes réseaux, noyau Linux temps réel), maintenance de solutions collaboratives (wiki, SharePoint, Mantis).

Premier vrai contact avec Debian — et un goût pour l’administration système qui ne m’a plus quitté.

2015 — 2022 : l’ESN, sept ans à chercher le bon champ d’action

À la sortie, trois ESN successives. Sept ans d’accumulation technique — et sept ans à voir le champ d’action s’élargir sans jamais se remplir.

AUSY (2015 — 2017) — Toulouse et périphérie

Ingénieur, avec deux prestations principales : ingénieur de production système près de Lille, et support technique près de Toulouse. Le MCO : garder les choses debout. Technique dense, mais la décision, elle, est toujours ailleurs.

ALTEN (2017 — 2020) — Cholet

Ingénieur d’études. Le meilleur morceau de cette période : le développement d’une solution de déploiement pour une plateforme de monitoring systèmes et réseau — bien avant de construire, on m’a proposé de comprendre et de composer. La suite m’a ramené aux tâches classiques : intégration, vérification, validation et qualification d’un SI en évolution.

Accenture Technology Solutions (2020 — 2022) — Nantes

Ingénieur d’études expérimenté. Deux ans de MCO sur des SI en évolution — support, incidents, demandes courantes. Bien entouré, bien payé, mais le champ n’était toujours pas là.

C’est exactement ce point qui explique la suite de la trajectoire : il ne me manquait pas le travail, il me manquait de construire « ce qui vient de moi » — des solutions montées de A à Z, documentées comme livrables, que je peux regarder tourner.

Ce que cette longue transition m’a laissé

Trois choses que des années de plus sur un poste classique n’auraient pas achetées :

  1. Le réel avant l’abstrait : mes réflexes viennent de l’électrique, ce qui chauffe, ce qui résiste, ce qui coupe. Sur un incident, ça donne une lecture qui n’est pas altérée par les abstractions du cloud.
  2. La reproductibilité comme réflexe, pas comme slogan : le BTS MAI a planté la graine — une procédure qui marche une fois n’est pas une procédure. Toolbox chez alfa-safety, c’est ce réflexe rendu code.
  3. Le sens de la transition : je sais ce que ça fait de tenir des systèmes qui n’ont pas été pensés pour être repris, et c’est pourquoi des projets comme NetBird me parlent — il s’agit exactement de passer d’un outil détenu à un outil tenu par une équipe.

Le pas vers le DevOps n’est donc pas un saut. C’est cette continuité qui, aujourd’hui, s’équipe d’outillage moderne : Ansible, n8n, scripts versionnés. La trajectoire continue, un cran au-dessus, vers le MLOps.