DMA : l'UE face au nouveau contrôle Google des développeurs Android

Le récent article de Linuxfr.org révèle la pulsion régulatrice de la Commission européenne face aux nouvelles obligations imposées par Google aux développeurs Android : identification complète et certification obligatoire sous peine de bannissement du Play Store. Une petite révolution qui, au-delà de la simple sécurité, touche à la souveraineté numérique européenne.

Pourquoi tout le monde parle soudain du « gatekeeper » Android

Avec plus de 70 % du marché mobile européen, Android n’est plus seulement un OS ; c’est une infrastructure critique. En exigeant désormais une pièce d’identité et un processus de vérification humaine, Google se pose en arbitre absolu de qui peut ou ne peut pas publier une application. Résultat : un développeur associatif ou un éditeur européen indépendant peut être exclu en quelques clics, sans recours immédiat ni transparence.

L’UE tente la cartographie de l’abus de position dominante

La consultation lancée dans le cadre de la première révision du Digital Markets Act (DMA) marque une inflexion. Bruxelles reconnaît le risque d’un app-store unique verrouillé par un acteur non européen et évoque des mesures « proportionnées ». Proportionné ? Le mot clé laisse entendre que la Commission craint de heurter la Silicon Valley sans disposer d’alternative crédible : aucun fork d’Android européen n’est aujourd’hui viable à l’échelle continentale.

Compétition, souveraineté, droits : le triptyque menacé

  • Concurrence : la certification dissuade les petits acteurs, renforce le walled garden de Google et freine l’innovation ouverte.
  • Souveraineté : les données d’identité des développeurs transitent par des serveurs américains, hors de tout contrôle RGCP.
  • Droits des utilisateurs : moins d’applications alternatives signifie moins de choix, et potentiellement une surveillance accrue des usages.

Que peut faire l’Europe avant qu’il ne soit trop tard ?

1. Accélérer le développement d’un Android européen open-source financé via le plan IPCEI Cloud-Edge.

2. Imposer un app-store alternatif obligatoire pré-installé sur tous les appareils vendus dans l’UE.

3. Créer une autorité d’arbitrage rapide pour les litigations dev/play-store, afin d’éviter les bans arbitraires.

Sans ces contre-pouvoirs, l’Europe risque de voir son écosystème logiciel réduit au rôle de small brother de Mountain View.

Conclusion : agir ou devenir spectatrice

La consultation sur le DMA est une fenêtre historique pour reporter la balance régulatoire. Si Bruxelles se contente de timides ajustements, Google consolidera son emprise, et les développeurs européens devront choisir entre soumission ou disparition. À l’inverse, une régulation ferme peut relancer la diversité logicielle et rééquilibrer le marché mondial du mobile.

Et vous ? Pensez-vous que l’Union européenne devrait être plus offensiva, ou craignez-vous une régulation trop lourde ? Lisez la contribution complète et donnez votre avis dans les commentaires !

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