Google verrouille Android : l’UE note, mais ne bouge pas

Google l’a décidé : dès cette année, tout développeur publiant une application sur le Play Store devra se faire certifier nominativement. Une mesure présentée comme un renfort de sécurité, mais qui ressemble surtout à un pas de plus vers un écosystème totalement verrouillé. L’article de Linuxfr.org sonne l’alarme : la concurrence, la souveraineté numérique et la liberté d’innovation européennes sont directement menacées.

Pourquoi cette certification fait trembler les indés

Auparavant, il suffisait de créer un compte « éditeur » pour publier son APK. Désormais, Google exige une pièce d’identité, un justificatif de domicile et parfois même un entretien vidéo. Résultat :

  • Les petites structures open-source hésitent à transmettre leurs données personnelles à un géant américain.
  • Les fork alternatifs (Fdroid, Aurora, etc.) risquent de ne plus pouvoir signer leurs builds officiels.
  • Toute application refusée verra son auteur « grillé » : un nom, une adresse, un dossier.

L’UE répond : « Nous avons noté »

Dans le cadre de la première révision du Digital Markets Act, la Commission a ouvert une consultation publique. Force est de constater que la réponse officielle se limite à : « Nous avons pris note des préoccupations ». Pas de sanction, pas d’obligation de portabilité, pas de garde-fou. Bruxelles se contente de rappeler que les mesures doivent rester « proportionnées », sans définir ce que ce mot recouvre.

Chine vs Europe : deux continents, deux stratégies

Alors que l’Europe débat poliment, la Chine a carrément rebâti son écosystème : Huawei Mobile Services, app store domestiques, OS Harmony. Résultat : un marché intérieur qui ne dépend plus de Mountain View. L’UE, elle, n’a toujours pas de fork Android pérenne, pas de cloud souverain grand public, pas de financement massif pour des alternatives. Le fossé se creuse.

Que peut-on faire ?

  1. Soutenir les initiatives existantes : dons à F-Droid, Codeberg, E Foundation.
  2. Relancer le débat en écrivant à ses députés européens via le site du Parlement.
  3. Tester les alternatives : LineageOS sans GApps, /e/OS, GrapheneOS.

Le risque n’est plus théorique : chaque nouveau développeur captif renforce le monopole de Google sur le mobile. Si l’Europe veut garder une once d’indépendance numérique, elle doit rapidement transformer ses « notes » en actes. Que pensez-vous de cette certification imposée ? Partagez vos expériences et solutions dans les commentaires !

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