Gopher : l’antidote oublié contre le web surchargé
Souvenir ou futur ? Né en 1991 à l’Université du Minnesota, Gopher préfigurait l’organisation hiérarchique de l’information avant que le Web ne l’éclipse. Aujourd’hui, alors que chaque page pèse plusieurs mégas et pistage publicitaire, Gopher redevient une planète refuge pour les amateurs de rapidité et de sobriété.
Qu’est-ce que Gopher exactement ?
Contrairement au Web, Gopher ne transporte pas HTML, CSS ou JavaScript. Il s’agit d’un menu texte où chaque ligne pointe vers un document, un répertoire ou une recherche. Le client ne télécharge que ce qu’il demande : pas de pubs, pas de trackers, pas de scripts invisibles. Résultat : une page s’affiche en quelques millisecondes, même sur une connexion 3G ou un Raspberry Pi.
Pourquoi il résiste encore
- Légèreté : un serveur Gopher tient sur quelques méga-octets de RAM.
- Sécurité : pas d’exécution de code côté client, donc surface d’attaque réduite.
- Accessibilité : parfait pour les archives, les textes juridiques ou les listes de diffusion historiques.
- Souveraineté : tournez votre propre serveur en dix minutes, plus besoin de géants du cloud.
Comment y goûter aujourd’hui ?
Installez un client comme gopher sous Linux ou l’extension OverbiteFF pour Firefox, puis pointez vers gopher://gopher.quux.org. Vous découvrirez des romans libres, des miroirs de projets opensource et même des fanzines audio encodés en MP3… le tout sans bannière cookies !
Le Web est-il voué à l’obésité ?
Le constat est sévère : la taille moyenne d’une page dépasse 2 Mo, soit l’équivalent de deux disquettes HD. Gopher rappelle qu’on peut communiquer sans forcing technologique. Il ne s’agit pas de revenir au « tout texte », mais de garder une planche de salut minimaliste quand le bloatware menace nos vieux appareils, nos forfaits mobiles ou notre planète.
Prêt à troquer les animations CSS contre la sérénité ? Lisez l’article original sur LinuxFr.org et partagez en commentaire votre première impression du protocole.