Linux se débarrasse (enfin) d’HIGHPTE : adieu à un vestige ARM ?
Imaginez un vieux carton au fond du garage : on sait qu’il ne sert plus, mais on hésite à le jeter… Les développeurs du noyau Linux viennent de décider qu’il était temps de faire le tri. Depuis 2005, le support HIGHPTE (High Page Table Extensions) permettait à certains processeurs ARM de manipuler les tables de pages de manière plus souple. Sauf qu’aujourd’hui, toute la plate-forme ARM64 ne l’utilise plus et un seul système 32 bits (le vieux arm:footbridge) en a encore besoin.
Résultat ? Dans un patch RFC publié ce mois-ci, Arnd Bergmann propose purement et simplement de retirer ce code, faute de mainteneurs actifs et par souci de simplification. L’argument est limpide : « Si personne ne teste, personne ne corrige, et personne ne paie pour maintenir, autant économiser les cycles d’ingénieurs. »
Pourquoi HIGHPTE devient un boulet
- Dette technique : le code compile encore, mais il ne suit plus les évolutions de la couche mémoire (chunk mappings, huge pages, etc.).
- Surface d’attaque : moins de code, moins de bugs de sécurité potentiels.
- Énergie maintenancière : chaque modification autour de la gestion mémoire nécessite aujourd’hui de vérifier que HIGHPTE ne casse rien… pour un unique board.
Et les vieux appareils alors ?
Les Footbridge (réseaux NAS et routeurs embarqués ARMv4) tourneront toujours, mais sur des noyaux LTS antérieurs. Un clivage classique : hardware « vintage » = kernel stable figé, hardware actif = mainline évolutif. C’est le même principe que le retrait récent de Code Aurora ou des vieux pilotes Radeon.
Impact à court terme
- Zero-bytes gagnés sur vos SSD : environ 1 200 lignes supprimées.
- Compilations plus rapides : une option en moins à traiter.
- Tests CI simplifiés : une plate-forme disparue des matrices QEMU.
Sur le fond, le retrait d’HIGHPTE illustre la maturité de ARM dans Linux : on passe de la « survie » (faire tourner Linux sur une nouvelle archi) à la « rationalisation » (nettoyer ce qui ne sert plus). Une bonne nouvelle donc : le jour où vous croiserez un Raspberry Pi 6, il héritera d’un code plus léger, plus sûr… et plus vert.
Votre avis ? Est-ce que Linux devrait continuer à supporter techniquement tout le matériel ayant déjà fêté ses vingt ans, ou faut-il prioriser l’agilité ? Réagissez dans les commentaires !
Source : Michael Larabel, Phoronix