Mitsubishi Electric rachète Nozomi Networks : un tournant pour la cybersécurité OT
Le rapprochement industriel du jour se joue dans l’ombre des réseaux OT : Mitsubishi Electric annonce le rachat intégral de Nozomi Networks, spécialiste de la cybersécurité des infrastructures industrielles. L’opération, prévue avant la fin d’année, témoigne de la priorité donnée à la protection des systèmes d’exploitation face aux menaces grandissantes. Mais au-delà des chiffres, quelles implications pour les acteurs de l’industrie ?
1. Un mariage stratégique logique
Mitsubishi Electric fournit automates, variateurs et robots depuis des décennies. Or, chaque équipement connecté élargit la surface d’attaque. En intégrant les solutions de détection et de réponse de Nozomi Networks, le japonais promet à ses clients une visibilité temps réel sur leurs flux OT/IT et un retour à la normal plus rapide après incident. Résultat : une offre « machine + sécurité » clé en main, clairement différenciante face à Siemens ou Schneider.
2. Nozomi Networks, un acteur déjà éprouvé
Reconnu pour son moteur d’analyse comportementale, l’américain a notamment surveillé les infrastructures critiques pendant les Jeux Olympiques de Paris, déjouant tentatives d’intrusion et phishing ciblés. Ses algorithmes cartographient automatiquement les assets, détectent les anomalies et priorisent les alertes. Avec 1 500 sites industriels protégés dans 80 pays, son expertise vient compléter l’arsenal japonais.
3. Microsoft, CrowdStrike… pourquoi ce choix ?
Plutôt que d’aligner une solution généraliste, Mitsubishi opte pour une plateforme pensée nativement pour Modbus, OPC-UA, DNP3 ou EtherNet/IP. Ce positionnement répond à deux contraintes OT : faible latence et tolérance zéro erreur. En absorbant Nozomi, il évite aussi la course aux partenariats répétitifs et capitalise sur une R&D déjà amortie.
4. Marché OT en surchauffe
Chaque année, 20 % des cyberattaques mondiales visent des installations industrielles (ANSSI 2023). Le coût moyen d’un arrêt de ligne atteint 225 000 €/heure. Dans ce contexte, le Gartner estime le marché de la sécurité OT à 2,1 milliards $ en 2025, soit +17 % CAGR. Le timing de l’acquisition n’est donc pas un hasard : Mitsubishi veut capter la vague avant que les énergéticiens, pétroliers et eau ne finalisent leurs budgets 2025.
5. Perspectives clients
- Intégration native : les switchs et automates Mitsubishi beneficieront bientôt d’un agent léger Nozomi embarqué, simplifiant les déploiements « zero touch ».
- Abonnement unique : un contrat couvrira maintenance hardware, mises à jour de firmware et veille cybersécurité, réduisant les cycles d’achat.
- Expertise locale : les 220 experts Nozomi rejoignent le Global SOC de Mitsubishi à Tokyo et les centres de compétences régionaux, garantissant réactivité 24 × 7.
6. Défis à relever
Mixer deux cultures — hardware centenaire d’un côté, start-up agressive de l’autre — impose des ajustements : uniformiser la roadmap produit, fusionner les bases de code et rationaliser les canaux de distribution. Autre point d’attention : la conformité réglementaire. L’Union Européenne impose désormais des audits NIS2 pour les équipements critiques ; Mitsubishi devra démontrer que la pile logicielle reste « sovereign by design ».
Conclusion : l’industrie 4.0 plus sûre ?
L’union de Mitsubishi Electric et de Nozomi Networks accélère la convergence IT/OT sécurisée, tout en consolidant le leadership japonais sur l’automation. Les industriels gagneront en résilience, à condition d’adopter ces security appliances dès les phases de conception. À vous l’instant : comment votre entreprise se prépare-t-elle à intégrer la cybersécurité OT dans ses projets d’usine du futur ? Partagez vos retours d’expérience dans les commentaires !